Cadre stratégique 2012-2017

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Au sujet de cette publication

Auteur de la publication : Développement économique Canada pour les régions du Québec

Numéro d'ISBN : 978-1-100-53922-5

Date de publication : 13 avril 2012

Résumé :

Le Cadre stratégique 2012-2017 présente de façon sommaire le fondement de l’approche et du modèle de l’Agence en développement économique régional.

Introduction

L’Agence de développement économique du Canada pour les régions du Québec (l’Agence) a comme mission de promouvoir le développement économique à long terme de toutes les régions du Québec en accordant une attention particulière aux collectivités à faible croissance économique. Dans le cadre de sa mission, l’Agence favorise aussi la coopération et la complémentarité avec le gouvernement du Québec et les collectivités du Québec. L’Agence est présente sur l’ensemble du territoire québécois par l’entremise de son réseau de bureaux d’affaires.

Au cœur de la mission de l’Agence, la croissance et l’emploi ainsi que la réussite des régions et des entreprises s’inscrivent au sein des grandes priorités économiques du gouvernement du Canada comme en fait foi l’extrait suivant du plus récent Discours du Trône, en juin 2011 :

« L’emploi et la croissance demeureront les plus hautes priorités de notre gouvernement. [...] En plus de défendre les intérêts de l’ensemble de notre nation, notre gouvernement continuera de prendre des mesures pour répondre aux besoins et aux aspirations de toutes les régions du pays. Les communautés sont les mieux placées pour surmonter leurs défis particuliers, mais le gouvernement peut contribuer à créer les conditions qui leur permettront, ainsi qu’aux industries qui les soutiennent, de réussir1. »

Expression de la vision de l’Agence, le Cadre stratégique 2012-2017 présente de façon sommaire le fondement de l’approche et du modèle de l’Agence en développement économique régional. Il s’inspire des meilleures pratiques en développement économique régional, expose les enjeux et les défis des collectivités et des entrepreneurs du Québec et précise l’étendue des champs d’intervention où l’Agence entend agir afin de contribuer au développement des entreprises et des régions.

1 Gouvernement du Canada (2011), Discours du Trône, pages 3 et 12.

 

Un sens à notre action : raison d'être, résultat stratégique, énoncé de vision et approche de l'Agence

Raison d’être

Développement économique Canada pour les régions du Québec a pour mission de « promouvoir le développement économique à long terme des régions du Québec ».

(Loi constituant l’Agence - 2005)

Résultat stratégique

L’Agence contribue à la croissance de l’économie des régions du Québec.

Énoncé de vision

Être l’acteur fédéral clé du développement économique des régions du Québec afin que les régions et les entreprises du Québec participent à l’économie de demain à la hauteur de leur potentiel en misant sur leurs atouts.

Travailleurs qui soudent des pièces électroniques

Le gouvernement du Canada s’est engagé à favoriser la prospérité de toutes les régions. Il entend stimuler la croissance par les nouveaux investissements des entreprises, l’innovation et le transfert du savoir, le commerce, la modernisation des infrastructures, le développement des énergies propres et plus encore. De par sa mission, l’Agence s’inscrit donc au cœur des grandes priorités gouvernementales.

L’Agence favorise la création et la croissance des entreprises. De même, elle contribue au dynamisme de toutes les régions du Québec en portant une attention particulière aux collectivités à faible croissance économique.

Présente sur l’ensemble du territoire du Québec, par l’entremise de ses bureaux d’affaires, l’Agence constitue l’acteur fédéral clé du développement économique des régions du Québec. Elle accompagne des entreprises et des intervenants économiques dans leurs démarches de développement et leur accorde de l’aide financière pour la réalisation de projets.

Outre ses programmes réguliers, l’Agence contribue à la conception et à la mise en œuvre de programmes nationaux et d’initiatives ponctuelles ciblées afin de relever des défis spécifiques au Québec.

Approche de l’Agence

 Gens d'affaires dans un escalier multicolore

L’approche de l’Agence est cohérente avec les priorités gouvernementales, adaptée aux défis économiques des régions et collaborative auprès des partenaires et des acteurs du développement. Cette approche guidera l’établissement des priorités et des stratégies régionales à privilégier dans chacune des régions du Québec.

De plus, l’Agence respectera ses obligations à l’endroit des communautés de langue officielle en situation minoritaire en favorisant leur participation au développement économique du Québec. Les stratégies et les initiatives en lien avec ces obligations feront l’objet de documents distincts tels des plans d’action et autres directives internes. Tous les volets du Cadre stratégique pourront être mis à contribution pour atteindre les résultats visés à l’égard de ces communautés.

Cohérente

Avec les priorités gouvernementales et les stratégies nationales en lien avec sa mission et l’atteinte de ses résultats

Adaptée

Aux défis économiques des différentes régions du Québec et des entreprises québécoises en isant sur leurs atouts et leur potentiel

Collaborative

Avec les partenaires clés, dont les autres ministères fédéraux, le gouvernement du Québec et les principaux acteurs régionaux

Contexte économique

L’économie du Québec, ouverte et diversifiée, a mieux résisté aux récentes turbulences économiques et financières que la moyenne canadienne et que la plupart des économies industrialisées. Bien positionnées sur l’échiquier mondial pour contribuer à la croissance nationale, les régions et les entreprises du Québec devront composer avec un contexte exigeant lié principalement aux conséquences de la mondialisation, de l’intensification de la concurrence, notamment avec les États-Unis, et de la montée des pays émergents.

Enjeux et défis de l’économie du Québec

L’économie du Québec

  • Population (2011) : 7,9 millions d’habitants, soit 23,2 % de la population canadienne 
  • PIB (2009) : 303 milliards de dollars /an, soit 19,9 % du produit intérieur brut (PIB) canadien 
  • Emploi (2011) : 3,9 millions de travailleurs, soit 23 % de l’emploi au Canada 
  • Exportation de biens et services (2009) : 134 milliards de dollars, soit 19,7 % des exportations canadiennes 
  • Recherche et développement (R-D) (2008) : 26,4 % des dépenses en recherche et développement du Canada, dont 58 % (4,6 milliards de dollars) en R-D industrielle.

Le nombre de Québécois en âge de travailler est appelé à décroître dès 20132. La diminution de la population active, liée au vieillissement de la population et aux difficultés d’intégration et de rétention des immigrants au marché du travail québécois, affectera les entreprises québécoises et les régions au cours des prochaines années. Les entreprises appréhendent des difficultés dans leurs efforts de recrutement de travailleurs qualifiés et certaines régions seront plus durement touchées par les tendances démographiques.

Le Québec, en particulier ses entreprises manufacturières exportatrices, devra composer avec un dollar canadien fort, tiré vers le haut en raison de la demande pour les matières premières, dont le pétrole et les investissements étrangers associés. Les entreprises exportatrices devront également composer avec une demande incertaine en provenance des deux principaux clients du Québec, l’Ontario et les États-Unis, durement affectés par la dernière récession. Elles devront diversifier leurs marchés d’exportation et saisir les occasions créées par l’ouverture de marchés. En effet, le Canada négocie actuellement une douzaine d’accords de libre-échange, incluant des marchés tels l’Union européenne et l’Inde.3.

Rehausser la productivité

Pour faire face à la concurrence mondiale, l’économie du Québec est confrontée au défi de rehausser la productivité du travail. Les gains de productivité passeront entre autres par des investissements dans le capital humain, l’amélioration des procédés et l’acquisition d’équipements stratégiques et de technologies, dont les TIC (technologies de l’information et des communications). Ces investissements renforceront la capacité des entreprises à se démarquer et à conserver leurs avantages concurrentiels.

Commercialiser les innovations

Les défis du Québec

  • Composer avec la mondialisation, un contexte démographique défavorable et un dollar canadien fort
  • Rehausser la productivité et les activités à forte valeur ajoutée
  • Diversifier les marchés d’exportation
  • Commercialiser les innovations
  • Dynamiser les collectivités à faible croissance économique
  • Soutenir l’entrepreneuriat et la relève
  • Attirer des investissements

La compétitivité des entreprises passe par leur capacité d’innover et de commercialiser les innovations. Bien que le Québec occupe le premier rang au pays en termes d’intensité de la recherche industrielle par rapport au PIB4, il a un défi de taille : multiplier les retombées de la recherche et de l’innovation5. Réussir la commercialisation des produits issus de l’innovation constitue l’un des grands défis des PME québécoises, et le Québec sous-exploite les retombées économiques potentielles d’une telle commercialisation, qui constitue pourtant une importante source de création de richesse. Il n’y a pas de stratégie unique pour percer les marchés et intégrer les chaînes de valeur avec un produit innovant. Les PME doivent établir leur propre stratégie et intensifier leurs efforts pour accroître le rendement de leurs innovations.

Enjeux et défis de l’entrepreneuriat

La faible croissance démographique du Québec freine l’émergence d’entreprises et leur transfert à une nouvelle génération d’entrepreneurs. D’ailleurs, en 2013, les nouveaux entrepreneurs québécois (19 100) ne suffiront pas à combler les départs anticipés à la retraite (24 100)6. À cet égard, le taux de création d’entreprises a fléchi de façon importante au Québec au cours des trente dernières années et le taux d’entrepreneuriat reste en deçà de la moyenne canadienne. Ainsi, seulement 10 % de la population québécoise est propriétaire d’entreprise comparativement à 16 % dans le reste du Canada.7

Ingénieur

D’autres enjeux et défis des entreprises

Les conséquences de la mondialisation et de la concurrence des États-Unis et des pays émergents sont nombreuses pour nos entreprises. La mondialisation donne accès à de nouveaux marchés, de nouvelles perspectives et de nouveaux partenariats. Du coup, les relations d’affaires et la compréhension des marchés s’en trouvent complexifiées. De même, l’importance des multinationales dans cette économie mondialisée est grandissante. À la concurrence des pays à faible coût de main-d’œuvre s’ajoute également une tendance à la baisse des prix et des marges bénéficiaires des entreprises. Cette pression à la baisse sur les prix et les bénéfices force plusieurs entreprises manufacturières de type traditionnel à se tourner vers des productions à plus forte valeur ajoutée ou à impartir des éléments de leur production où elles ne sont pas compétitives. Dans le même ordre d’idées, plusieurs entreprises se spécialisent en développant des créneaux et en misant sur les services afin d’éviter d’être en concurrence directe avec les entreprises des pays à faible coût de main-d’œuvre.

Les enjeux découlant de la mondialisation sont liés à la capacité des entreprises à gagner ou à conserver des parts de marché. Les entreprises en croissance cherchent à développer de nouveaux marchés à l’étranger ou à s’intégrer aux chaînes de valeur des grands donneurs d’ordres. La multiplication et la complexification des relations d’affaires et des marchés forcent également les entreprises à investir des sommes importantes dans les TIC. Afin de rendre leur gestion des opérations et de la logistique plus efficace, elles doivent souvent adopter de nouveaux outils technologiques.

Pour demeurer compétitives, les entreprises font face à un enjeu important, celui de mettre à niveau leurs installations et d’optimiser leurs processus de production, ce qui implique souvent l’adoption de nouvelles technologies et l’acquisition d’équipements stratégiques. D’autres entreprises chercheront à se démarquer en développant et en commercialisant de nouveaux produits et services. Pour toutes les entreprises confrontées à la concurrence étrangère, un enjeu demeure : l’innovation et sa mise en valeur. Ce n’est qu’ainsi qu’elles parviendront à long terme à accroître leur performance et leurs parts de marché.

Enjeux et défis des régions

Les atouts du Québec

  • Une qualité de vie enviable
  • Une économie diversifiée
  • Un accès au marché nord-américain
  • Une culture dynamique
  • Un chef de file en recherche
  • Un coût d’exploitation abordable
  • D’abondantes ressources
  • Des secteurs économiques dynamiques

L’économie du Québec présente une variété de contextes régionaux, avec leurs propres enjeux, défis et atouts. Pour participer à l’économie, chacune des régions devra miser sur ses atouts8 et poursuivre sa transition vers une économie axée sur le savoir et la production à haute valeur ajoutée.

Plusieurs régions du Québec sont affectées par leur faible niveau de diversification économique et sont plus vulnérables aux conséquences de la mondialisation. Celles qui bénéficient d’une économie fondée sur des secteurs dits plus traditionnels poursuivront leur transformation vers la production à haute valeur ajoutée pour demeurer concurrentielles. Ces régions doivent se mobiliser et se doter d’une stratégie de développement basée sur leurs atouts.

Pour les régions, la mondialisation a pour effet d’accroître l’importance de la qualité et de la disponibilité des équipements collectifs et des infrastructures (transports, communications et autres services) pour attirer des investissements étrangers et augmenter les revenus touristiques.

Les régions cherchent à développer et à attirer des entreprises à forte valeur ajoutée, qui sont peu vulnérables à la concurrence étrangère. Des initiatives structurantes ou visant le développement de créneaux compétitifs sont des avenues que les acteurs du développement dans les régions continueront de mettre de l’avant.

Bref, les enjeux et les défis qui caractérisent ce contexte économique exigeant risquent de perdurer tout au long de la période 2012-2017. C’est pourquoi l’Agence s’est dotée d’un modèle de développement économique pour aider les régions et les entreprises à composer avec ce contexte.

Travailleur en inspection optique

 

Modèle de développement économique

Cette section présente le modèle de développement économique de l’Agence, qui sert de fondement pour élaborer les programmes de l’Agence et les stratégies régionales d’intervention à privilégier dans chacune des régions du Québec. Ce modèle sous-tend une perspective du développement économique régional résumée dans le tableau suivant :

Développement économique régional (DER)

Définition

Le DER désigne une évolution positive, un changement, une adaptation menant à plus de stabilité, à de l’expansion et à une plus grande prospérité à long terme.

Caractéristique clé

La flexibilité du DER permet d’intervenir dans une variété de contextes régionaux, en fonction de problématiques et d’opportunités particulières, avec une stratégie adaptée.

Pour l’Agence

Le DER vise l’atteinte des résultats attendus du gouvernement en soutenant et en accompagnant des démarches de développement du milieu, des collectivités, des organismes et des entreprises.

L’Agence vise à contribuer à la croissance de l’économie des régions et des entreprises du Québec en misant sur leurs atouts et leur potentiel. Elle entend atteindre ce résultat en accompagnant et en appuyant financièrement des démarches de développement des collectivités, des organismes et des entreprises.

Le modèle de développement économique de l’Agence repose sur deux piliers :
  • I - Développement économique des régions
  • II - Développement des entreprises

Ces deux piliers ont leur propre logique, mais sont complémentaires. D’une part, le pilier I - Développement économique des régions vise des résultats de nature collective, qui font rayonner la région et qui bénéficient à un ensemble d’entreprises et d’organismes de la région. D’autre part, le pilier II - Développement des entreprises bénéficie d’abord à l’entreprise elle-même et vise indirectement des retombées pour la région.

Le modèle de développement économique de l’Agence repose sur deux piliers : Développement économique des régions et Développement des entreprises. Il comporte 4 axes : Mobilisation des régions, Investissement dans les régions, Soutien à l’entrepreneuriat et Performance des entreprises. Le résultat : Les régions et les entreprises du Québec participent à l’économie à la hauteur de leur potentiel en misant sur leurs atouts

Le pilier I

Le pilier I – Développement économique des régions vise à favoriser un climat et des conditions propices au développement des avantages compétitifs et au renforcement des atouts des régions du Québec. Il est nécessaire de bien comprendre les forces et faiblesses ainsi que le potentiel propre à chacune des régions pour appuyer des initiatives susceptibles de mobiliser les ressources régionales. L’importance de l’environnement socio-économique, des conditions propices au développement et d’un climat favorable à la croissance font partie des pratiques reconnues en développement économique régional.

Le gouvernement du Canada reconnaît l’importance des collectivités dans les économies régionales. Dans sa stratégie économique à long terme Avantage Canada, le gouvernement du Canada entend « créer un climat favorable à la croissance et à la réussite des entreprises. Le gouvernement établira les conditions économiques appropriées qui encourageront les entreprises à investir et à prospérer ».

En résumé, ce pilier vise à appuyer le développement économique des différentes régions afin d’accroître le dynamisme économique du Québec. Les régions du Québec présentent une variété de contextes, avec leurs propres enjeux, défis et atouts. Les régions sont créatrices de richesses et leur participation à l’économie est essentielle pour assurer la croissance économique du Québec. L’Agence appuie ainsi le renforcement de leur base économique en soutenant la prise en charge du milieu et en stimulant les investissements dans toutes les régions du Québec. L’intervention de l’Agence s’effectuera principalement auprès d’organismes ou d’entreprises.

Biologistes

Le pilier II

Le pilier II – Développement des entreprises vise à favoriser la création et l’essor d’entreprises. Il constitue une composante clé du développement économique des régions et de leur prospérité. Il ne fait plus aucun doute aujourd’hui que les PME jouent un rôle crucial dans le renforcement des performances économiques des régions. Les travaux de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) à cet égard sont éloquents. Le Canada est l’un des 47 pays membres de l’OCDE cosignataires de la Charte de Bologne, qui reconnaît le rôle névralgique des PME dans le développement économique régional. Elle fournit un cadre de référence pour améliorer l’efficacité des programmes et des politiques visant la promotion de l’entrepreneuriat, le développement et la compétitivité des PME et leur participation aux activités économiques liées à la mondialisation.</